// The Vegetal Noise Lovers’ reviews #6Tonight, it’s a fellow Vegetal Noise Lover (but also a friend) who’s writing (in french) about Obscured by the Wind. Hugo is french, 22 years old, loves every kind of music and works in cultural administration in the field of symphonic music and opera. // L’été, une plage. La chaleur de la journée est tombée. Le son des vagues se fait apaisant. Le souffle chaud d’un vent chargé de sable vous fouette les jambes dans un picotement un peu douloureux d’abord, mais finalement assez agréable. Le bois chaud laqué d’un violon. Le crin de l’archet vient frotter les quatre cordes dans une attaque fusante et grinçante, stridente. Puis le son se fait plus doux, un accord parfait qui résonne et vous transporte immédiatement. … C’est le genre d’images que m’inspire immédiatement l’écoute de ce nouvel album de Thot, Obscured by The Wind. La sortie progressive de certains titres de l’album nous avait permis de faire la connaissance d’un amoureux des pommiers, d’un déplaceur de montagnes, d’un accordeur de champs, ou d’un épeleur d’heure… autant de personnages d’une mythologie animiste profondément ancrée dans la nature. Avec Obscured by The Wind, le vent se lève, fait tourner les éoliennes, les éléments s’assemblent, les esprits prennent vie, les paysages s’animent, l’histoire se met en marche. La musique de Thot est parfaitement à l’image de son iconique chardon et de sa fleur à la beauté agressive. J’ai toujours été fasciné par ce mélange de violence et de douceur chez Thot : un univers contemplatif et poétique, mis en image par une musique électrique, brute, directe. Fasciné également par cette âme pure et « végétale » qui émane de l’énergie électrique de leurs instruments. Dans une scène électro/rock souvent trop froide, industrielle, Thot se démarque et vient donner un nouveau souffle de vie aux machines. De la vie et de la fraicheur. Dans cette tempête sonore, les beats se font croquants, acides, comme une tige de rhubarbe. La batterie est sèche, percutante, directe, les racines idéales pour soutenir les autres instruments. Les claviers ont l’aspect noble, sombre, enveloppant, et parfois rugueux de l’écorce. La guitare est fusante, tranchante, comme des graminées acérées. La voix elle se fait plus douce, tantôt flottante, aérienne, tantôt saccadée, tel le pollen d’un pissenlit secoué par les violentes bourrasques. Et tout cela, porté par des vents électriques violents, nous emporte loin, donnant l’envie irrépressible de courir dans un champ d’herbes sèches. Un besoin de liberté. Chaque composition est une véritable merveille de puissance, d’émotion et de subtilité. À la fois simple, naturelle et directe dans l’approche, mais révélant petit à petit une multitude de richesses. Il faudra assurément de nombreuses écoutes pour apprivoiser totalement cette machine végétale, mais tous les ingrédients d’un grand groupe sont là : énergique, intelligent, frais, contrasté, et surtout, totalement novateur. Il n’y a qu’un seul Thot (comprenez : Thot est unique !). About this entry
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